Le terme « Bibliothérapie » vient du grec biblios – livre – et therapeuien – soigner – qui signifie le soin par les livres.

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J’ai la conviction que les arts, la littérature et la poésie en particulier sont d’extraordinaires remèdes contre les ombres intérieures et extérieures qui nous habitent.

Dans « Les livres prennent soin de nous. Pour une bibliothérapie créative » (Actes Sud), Régine Détambel raconte comment la lecture d’Un barrage contre le Pacifique » de Marguerite Duras a aidé Laure Adler « à reprendre souffle et à envisager le lendemain » après la perte d’un fils.

Pour Marc-Alain Ouaknin, l’auteur de « Bibliothérapie. Lire, c’est guérir » (Points), le récit offre une possibilité de renaître à chaque instant. Des garrots et des baumes composés essentiellement de poésie, de contes et d’oeuvres de fiction pour renouer avec notre capacité d’auto-création…

Vous voulez soigner votre stress et apaiser votre peur de la mort ? Lisez « L’homme qui plantait des arbres » de Jean Giono et « Bruit de fond » de Don DeLillo, conseillent notamment Ella Berthoud et Susan Elderkin dans « Remèdes littéraires » (JC Lattès). Pour ma part,  la poésie a le don de calmer l’irrégularité de ma respiration. Pendant les jours qui ont suivi les attentats de Paris,  j’ai lu en boucle comme un mantra un petit poème de Rûmi*.

« Le rythme de la poésie est l’accord parfait de tous les rythmes humains. Il est la pulsation absolue. Il agit comme le cœur de la mère sur son bébé. » 1 

Quand nous lisons – et c’est encore plus vrai quand nous lisons à voix haute – l’esprit et le corps font du peau à peau, avec un effet curatif comparable à celui observé en musicothérapie. De cette interaction entre le corps et l’esprit – que nous impulsons en lisant – naît une vibration, un chant qui vous enveloppe, vous caresse, vous bouscule, vous prend par la main.

Les livres sont à tort associés exclusivement à l’intellect comme si le mouvement et la chair devaient en être exclus. Rien n’est plus faux. 

« La lecture bibliothérapeutique est une opération de dissémination qui restitue la vie, le mouvement et le temps, au coeur même des mots (…) Peut-être qu’on saura un jour qu’il n’y avait pas de littérature, mais seulement de la médecine… »
(Marc-Alain Ouaknin, « Lire, c’est guérir »)

Les livres sont vivants. Il y a ceux qui vous malmènent pour vous asséner une vérité profonde, les sentimentaux qui vous chuchotent des douceurs à l’oreille, les rebelles qui vous entraînent sur les chemins de traverse.

Mais aussi l’odeur et la texture du papier, le bruissement des pages, le silence entre les mots.

Lire. Sentir les lettres, les ressentir, les écrire. Respirer. Souffler. 

Pour laisser la beauté et la lumière nous pénétrer à nouveau. Pour vivre tout simplement.

1 Dans ce passage des « Livres prennent soin de nous », Régine Detambel évoque une étude réalisée en 1946 par une psychothérapeute, Lucie Guillet, montrant les bienfaits de la poésiticothérapie sur des malades psychiatriques.


*Tout est un, la vague et la perle
La mer et la pierre

Rien de ce qui existe en ce monde
N’est en dehors de toi.
Cherche bien en toi-même
Ce que tu veux être puisque tu es tout

L’histoire entière du monde sommeille
en chacun de nous

 

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